Rechercher sur AfrikBlog

Et si l'Afrique était un autre monde

La nuit nous appartient

31 août 2007

Les antennes de relais de la téléphonie mobile : Un danger permanent pour la santé

antennaIls sont plus des millions à posséder aujourd’hui un téléphone portable. Pour la majorité des ivoiriens, le «portable» a passé le cap du luxe. Le téléphone mobile est rapidement devenu au travail, à la maison, dans les déplacements, pour l’efficacité, la sécurité ou le confort, les urgences, un élément à part entière de la vie quotidienne qui apparaît même indispensable pour plusieurs.

Et en Côte d’Ivoire, sur six entreprises de téléphonie mobiles annoncées, quatre sont déjà en services. Pour certains depuis 1997, pour d’autres depuis 2007. Et avec cette ‘‘prolifération’’ de compagnies de «portables», la population a pu observer l’installation d’un grand nombre d’antennes sur des pylônes, des édifices publics et, en ville, sur des immeubles de bureaux et des bâtiments d’habitation. Ces antennes et les stations de base GSM qui les alimentent, sont venues s’ajouter aux antennes des stations de radiodiffusion, de télévision et de radio professionnelles  qui émettent des signaux radioélectriques de même nature, dans les bandes de fréquences comparables, à un niveau souvent beaucoup plus puissant, mais dont l’implantation, plus ancienne et réalisée progressivement, fait en quelque sorte "partie du paysage".

L’on ne s’en soucis point. Justement parce que l’on ne sait pas ce que s’est. Ou parce qu’on a caché aux consommateurs ivoiriens, les réels dangers des implantations anarchiques – et souvent illégaux – de ces antennes sur les pylônes.

En effet, les stations de base, parfois appelées sites-relais ou antennes relais, sont des émetteurs-récepteurs qui assurent un rôle fondamental dans les communications mobiles. Elles servent en effet à acheminer dans les deux sens les appels du réseau auquel elles sont connectées vers les téléphones mobiles situés dans leur zone de couverture appelée "cellule".

Les cellules ont un rayon maximum de quelques kilomètres. Cependant, un nombre de stations plus important est nécessaire là où le nombre d'utilisateurs de mobiles est élevé.

Si, en zone rurale, le rayon des cellules peut aller jusqu'à 10 km, il décroîtra en ville jusqu'à quelques centaines de mètres. Sans stations de base installées aux bons emplacements, les téléphones mobiles ne fonctionneraient donc pas. Ce qui signifie donc que plus il y a d’entreprise de téléphonies cellulaires, plus grand sera le nombre d’antennes installés.

La santé du voisinage mis en danger

S’il y a des personnes pour qui ces antennes constituent un véritable danger pour leurs santés, c’est bien les habitants des quartiers où sont installées les pylônes qui accueillent ces dites antennes.

Selon des études, la proximité des ces antennes des lieux d’habitation peut être dommageable pour les populations. Et ce du fait des ondes radioélectriques et électromagnétiques émis par ces relais. En effet, les antennes dégagent un champ électromagnétique d’une intensité cent fois supérieure à celui des portables. Si l’on craint des nuisances avec ces derniers, comment ne pas s’inquiéter d’une trop grande proximité des premières ! Il est difficile d’apprécier le problème dans toute son ampleur. «Cela tient à trois raisons, explique Roger Santini docteur ès sciences, auteur du livre Téléphones cellulaires. Danger ? (R. Santini. Téléphones cellulaires. Danger ?, éd. Marco Pietteur. 1998. 208 pages.). D’une part la dispersion des hyperfréquences émises par les antennes, dans l’espace et sous l’horizontale, crée autour des antennes relais des zones plus ou moins "riches" en champs électromagnétiques. Le lobe principal dirigé vers l’avant de l’antenne est plus puissant que les lobes secondaires situés en arrière et sur les côtés. D’autre part, l’existence dans l’environnement de structures métalliques (châssis de fenêtres, volets, portes, ferrures de balcons...) peut faire jouer à celles-ci un rôle de ré-émetteurs passifs capables d’amplifier les ondes à hyperfréquences. Enfin, les densités de puissances électromagnétiques émises par les stations-relais dépendent du nombre de communications traitées par la station. Ce qui conduit à des fluctuations de puissance générée dans l’environnement en fonction des moments de la journée, voire des périodes de l’année».

Aucun texte officiel ne réglemente actuellement en Côte d’Ivoire l’installation de ces antennes, ni ne précise les limites d’exposition des travailleurs et du public. Les opérateurs ont le champ libre pour négocier avec le maire d’une commune, le propriétaire d’un champ ou d’un balcon ou encore un syndic d’immeuble. Les sociétés de téléphonie mobile se livrent une concurrence acharnée, surenchérissent leurs offres. Tout en minimisant, quand elles ne les taisent pas, les risques inhérents aux installations. Côté matériel : interférences avec les prothèses « actives » (appareils auditifs ou piles cardiaques), «neige» sur les écrans de télévision, «brouille» des ordinateurs... Côté santé : maux de tête, fatigue, sommeil perturbé...cancers.

Aux 2 plateaux, un quartier de Cocody, la commune présidentiel, une association de riverains a décidé de dénoncé ce fait. Et pour cause. Des cas de cancers ont été détecté chez certains habitants du Quartier. «Nous avons donc demandé à toutes les populations de notre quartier de faire des tests afin que si s’il y a plusieurs cas nous puissions porter plaintes… la procédure est en cours», affirme Ahouassa, Président de l’association. Dans ce quartier, plusieurs personnes sont mortes de manière bizarre et de façon successive. «La compagnie qui a installé ses antennes ici avait été chassé d'un autre quartier où il y a eu plusieurs cas de cancers et deux personnes décédées», Ahouassa, déterminé à "déloger" les pylônes de "son" quartier.

En France, après avoir constaté chez leurs patients une augmentation dramatique de maladies graves et chroniques (troubles de l’apprentissage, du comportement, hyperactivité, fluctuations extrêmes de la pression sanguine, désordre des rythmes cardiaques, infarctus et maladies dégénératives du cerveau telles que Alzheimer et épilepsies chez des sujets de plus en plus jeunes, leucémies, cancer du tronc cérébral...), et des troubles divers dits psychosomatiques (maux de tête, fatigue chronique, angoisse, insomnies, assoupissements diurnes, bourdonnements métalliques dans les oreilles...), en corrélation avec l’installation d’antennes relais dans le voisinage, l’usage intensif du téléphone mobile, 150 médecins allemands signent « l’Appel de Fribourg » le 9 octobre 2002. Alors que les procès entre opérateurs et associations de riverains ou municipalités se multiplient, les listes de soutien de l’Appel de Fribourg, le 13 janvier 2003 comptent déjà 30 000 signataires du monde entier (seulement 6 Français), 378 médecins (dont 2 Français) et 114 organisations et associations.

En Côte d’Ivoire, aucune action jusqu’à ce jour n’a été entreprise. C’est compréhensible. Ils ne sont pas nombreux à savoir qu’il y a des antennes nocives installées à proximité de leurs domiciles. Et ils savent encore moins que c’est nocif pour leurs santés.

Pourtant, les opérateurs de téléphonies cellulaires le savent. Mais dans un monde où «l’argent vaut mieux que l’Homme», ils font fît des normes de santé à respecter.

Posté par Yoroba à 16:19 - Parlons-en - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 août 2007

Dédicace du livre «la recolonisation de l’Afrique, le cas de la Côte d’Ivoire» de Théophile Kouamouo

livre_Th_oJ’ai eu le plaisir de partager d’intenses moments d’enrichissement intellectuel lors de la dédicace du livre «la recolonisation de l’Afrique : le cas de la Côte d’Ivoire», le deuxième livre de Théophile Kouamouo, après « La France que je combats». C’était mardi 14 aout, veille de l’assomption dans un espace dénommé «Bozart».

A n’en point douter, ce fut une cérémonie fournie en invités et en «intello» de marque mais également une cérémonie édifiante pour le jeune apprenant que je suis.

C’est David N’Goran, éditorialiste à «Le Courrier d’Abidjan» qui introduit les débats avec une lecture critique de cette œuvre.

Tout en psalmodiant l’œuvre, David perçoit trois temps entre les lignes du livre ‘‘rouge’’ de Théophile. «Le temps individuel, le temps transindividuel ou collectif et le temps de l’arène». L’éditorialiste ne manque pas cependant, de relever quelques insuffisances dont le silence sur les évènements de novembre 2004, le manque d’une pensée prospective et «l’absence d’auto critiques». En réponse, l’auteur du livre estime que les évènements de novembre nécessitent que l’on ait l’ensemble des contours – cachés – de la question. «Certainement, nous savons beaucoup mais nous en ignorons encore plus». En effet pour Théo, sur les évènements de novembre beaucoup d’indices n’ont pas été révélés. «A dessein, d’un côté comme de l’autre, l’on dissimule des faits, des preuves». Il serait alors inopportun de se lancer dans l’analyse d’une situation qui n’a pas révélé 75% de la réalité. Que sait –on véritablement de ces «fameux évènements» ? Rien en réalité…seulement que le tiers de la vérité. «Ces évènements cachent des cadavres – qui ne sont pas forcément noirs – dans les placards», affirme l’ancien journaliste de ‘‘Le Monde’’.

Pour Théophile Kouamouo, l’écriture de ce livre repose sur la volonté de «révéler au monde que la France est l’acteur principal dans la crise ivoirienne». «De Marcoussis à Ouaga, la France a joué le rôle d’acteur principal dans le film de la crise qui a débuté le 19 septembre 2002», stipule l’auteur.

La recolonisation, est-ce une allusion à une époque décolonisée ?

Le vocable «recolonisation» sous entend que la Côte d’Ivoire a été colonisée puis décolonisée et qu’elle serait entrain d’être recolonisée. A cette question, le rédacteur en chef de «Le Courrier d’Abidjan» répond par l’affirmative en précisant que la recolonisation dont il s’agit ici est territoriale. « La Côte d’Ivoire a été décolonisée. Car d’une administration dirigée par la métropole l’on a abouti après l’indépendance, à une administration autonome, gérée par les ivoiriens eux-mêmes (…) C’est pourquoi, le néocolonialisme est administratif mais aussi militaire», soutien Théophile. Selon, l’auteur des signes apparents le démontrent. «Les forces militaires qui s’installent depuis quelques années (Onuci, Licorne etc.) ne sont pas dirigées par le chef de l’Etat mais par des ‘‘mains étrangères’’».

«La recolonisation est un processus, affirme-t-il. Un processus qui s’est déclenché et qui n’est forcément arrêté». C’est le point de vue de Jacqueline Sirera, qui estime que «la paix d’aujourd’hui, n’est pas le vrai frein à la – tentative – de recolonisation». En effet l’on ne peut pas affirmer avec certitude que ce processus qui a démarré est achevé. «L’ONU et la force Licorne sont – toujours – présentes en Côte d’Ivoire. Le Chef d’état major des armées de Côte d’Ivoire, n’a pas réussi à chasser les forces étrangères de l’aéroport», explique Théophile Kouamouo.

Posté par Yoroba à 23:55 - Parlons-en - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 août 2007

Triste anniversaire : Hiroshima, 6 août 1945

Jamais une découverte scientifique n'a été si rapidement appliquée, jamais de tels moyens financiers et humains n'ont été mis au service d'une aventure techno-scientifique. Tout cela dans un seul but: la bombe atomique. Ce 6 août 1945 à 2 heures 30 locale, la météo sur Hiroshima étant satisfaisante, le bombardier B 29 Enola Gay décolle de l'aéroport militaire américain de Tinian, dans les îles Mariannes. Le commandant Tibbets, qui s'entraîne depuis des mois à cette mission, est le seul de l'équipage à connaître la nature de la bombe de quatre tonnes qu'il transporte dans ses soutes. A 8 h 15, la bombe est larguée sur Hiroshima; elle explose quarante-cinq secondes plus tard, à 600 md'altitude au-dessus nucleardu centre de la ville. Les deux blocs d'uranium 235 qu'elle contient sont violemment projetés l'un contre l'autre par l'explosif ; la masse critique de combustible nucléaire étant atteinte, la réaction en chaîne se propage en un éclair. Les premiers noyaux d'uranium éclatent projetant des neutrons qui vont casser les noyaux voisins, qui émettent à leur tour des neutrons qui déclenchent de nouvelles fissions... La puissance nucléaire s'emballe: 10*24 noyaux d'uranium fissionnent en une cascade de "générations", soit en moins d'un millionième de seconde. Pour la première fois dans l'histoire humaine, la matière se métamorphose en une colossale énergie. La destruction d'un peu plus d'un kilogramme d'uranium libère 60 000 joules, l'équivalent de 13 000 tonnes de TNT concentré dans un tout petit espace La température atteint plusieurs centaines de millions de degrés, la pression plusieurs millions d'atmosphères. La première bombe atomique, que les Américains ont baptisé Little- Boy (petit garçon), a recréé les conditions qui règnent à l'intérieur du Soleil. Mais c'est un soleil de mort. L'énergie née de la fission nucléaire se libère de trois façons: 35 % sous forme d'énergie thermique, 50 % emporté par l'onde de choc et le souffle, et 15 % émis sous forme de radiations nucléaires. Dès le premier millionième de seconde, l'énergie thermique est emportée, dans un flash de lumière blanche éblouissante, par des rayons X qui transforment l'air en une boule de feu - d'environ un kilomètre de rayon et de plusieurs millions de degrés - planant quelques secondes sur Hiroshima, et par une onde thermique qui se propage à la vitesse de la lumière, brûlant tout sur son passage. Au sol, la température atteint plusieurs milliers de degrés sous le point d'impact; dans un rayon de 1 km, tout est instantanément vaporisé et réduit en cendres. Jusqu'à 4 kmde l'épicentre, bâtiments et humains prennent feu spontanément ; les personnes situées dans un rayon de 8 km souffrent de brûlures du 3ème degré. Engendrée par la phénoménale surpression due à l'expansion des gaz chauds, une onde de choc se forme et progresse à près de 1000 km/h, semblable à un mur d'air solide de forme sphérique. Accompagnée de vents d'une violence inouïe qui projettent les débris et entretiennent des tempêtes de feu, elle réduit tout en poussières dans un rayon de 2 km. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont entièrement détruits. Le troisième effet de l'explosion nucléaire, le plus spécifique mais pas le moins meurtrier, est le rayonnement. Les radiations issues directement des fissions nucléaires sont constituées principalement de neutrons et rayons gamma. Outre leurs redoutables effets sur les organismes vivants, ils contaminent différents éléments - tels que l'iode, le sodium, le strontium - qui deviennent eux-mêmes radioactifs. Ce rayonnement secondaire, très peu connu il y a cinquante ans, est d'autant plus terrifiant que ses effets (cancers, leucémies... ) n'apparaissent que des jours, des mois, voire des années après l'explosion. Le 9 août 1945, une deuxième bombe nucléaire, au plutonium cette fois, écrase la ville de Nagasaki. Le lendemain 10 août, l'empereur du Japon Hiro Hito capitule sans conditions. Selon les estimations, à la fin de l'année 1945 la bombe d'Hiroshima avait tué 140 000 personnes, celle de Nagasaki 70 000. Des dizaines de milliers de blessés devaient succomber au cours des années suivantes. Les premières réactions de l'opinion, révélées par la presse de l'époque, ont parfois de quoi surprendre, voire choquer l'homme d'aujourd'hui. La population américaine est en liesse. "Une révolution scientifique" titre Le Monde du 8 août; "Une révolution stratégique" annonce Le Parisien libéré du même jour. Mais il faut se replacer dans le contexte : la bombe atomique, c'est d'abord la fin de la guerre et la victoire sur les Japonais. L'horreur atomique n'apparaîtra qu'en suite. En août 1945, on ne dispose que des informations américaines, on ignore encore l'effet des radiations et surtout on sort à peine de six années de guerre, de privations, d'atrocités et de bombardements parfois terriblement meurtriers : l'aviation britannique, en détruisant Dresde, avait fait environ 200 000 victimes en une nuit. Le bombardement de Tokyo avait tué près de 100 000 personnes, et le gouvernement japonais refusait toujours de capituler. Officiellement, la décision d'utiliser les bombes atomiques, prise par le Président américain Truman seul, était motivée par le souci d'épargner les vies humaines qu'aurait coûté l'invasion du Japon. D'autres raisons, moins avouables, s'y sont bien entendu ajoutées : faire une démonstration à l'URSS de la puissance militaire américaine, et aussi utiliser ces armes si révolutionnaires et si efficaces qui avaient coûté deux milliards de dollars aux Etats-Unis. "Une révolution scientifique", la bombe d'Hiroshima fut sans doute également cela, " aussi importante que l'invention du feu ", dira même le physicien Louis de Broglie. Le plus impressionnant est qu'il a fallu moins de six ans pour domestiquer ce feu nucléaire. Treize ans avant Hiroshima, la structure du noyau de l'atome était inconnue ; sept ans avant, on ignorait tout de la fission nucléaire ! La construction de bombes à l'échelle industrielle, quelques mois seulement après la découverte de la réaction en chaîne, constitue un exploit technique inégalé, qui ne fut probablement réalisable, hélas, qu'au nom d'un enjeu militaire majeur.

L’histoire d’un atome meurtrier

Le compte à rebours commence en 1932, avec la découverte, par l'anglais James Chadwick, du neutron, qui dévoile la structure du noyau atomique: celui-ci est composé de deux types de particules, les protons et les neutrons. En 1934, Irène et Frédéric Joliot-Curie s'aperçoivent qu'en bombardant des noyaux avec des particules on peut en fabriquer de nouveaux, plus lourds et instables: c'est la radioactivité artificielle. L'Italien Fermi se met alors à bombarder systématiquement tous les noyaux jusqu'au plus lourd connu, l'uranium. Ce faisant, Fermi est, sans le savoir, le premier à faire fissionner l'uranium ! Il faut attendre décembre 1938 pour que la physicienne allemande Lise Meitner et son neveu Otto Frisch, réfugiés en Suède, comprennent que le noyau d'uranium, bombardé de neutrons, se casse en deux en libérant une énergie considérable: l'énergie nucléaire. L'effet produit par cette découverte chez les physiciens est non moins énorme ! Et, immédiatement, apparaît la possibilité d'une réaction en chaîne, avec ses deux usages possibles: la production d'énergie - si cette réaction est contrôlée - et la bombe - si on ne la maîtrise pas. Dès mai 1939, Joliot et ses collaborateurs déposent des brevets sur la production d'énergie à partir de l'uranium. Mais le physicien hongrois Léo Szilard, émigré aux Etats-Unis, pressent aussitôt le pouvoir dévastateur de ces découvertes et, conscient de la menace nazie et du haut niveau scientifique de l'Allemagne, persuade Einstein d'alerter le Président des Etats Unis. Dans sa fameuse lettre datée du 2 août 1939, Einstein informe Roosevelt de l'existence d'une nouvelle forme d'énergie utilisable dans des bombes, et lui conseille de chercher à se procurer de l'uranium et d'encourager les recherches.Roosevelt est convaincu: il faut fabriquer la bombe avant l'Allemagne. Un Comité de l'uranium est constitué, et les recherches se poursuivent dans plusieurs laboratoires américains. Deux voies se dessinent pour la fission nucléaire. Tout d'abord, celle de l'uranium: le danois Niels Bohr a calculé qu'un seul isotope relativement rare, l'uranium 235, fissionne ; par conséquent il faut séparer celui-ci du reste de l'uranium. Mais comment séparer des isotopes chimiquement identiques ? L'obstacle paraît presque infranchissable. L'autre piste est celle du plutonium : ce nouvel élément, qui n'existe pas dans la nature, vient d'être obtenu en bombardant de l'uranium 238 (l'isotope le plus abondant), et s'avère fissionner très facilement. Reste à le produire en quantité suffisante. Les événements s'accélèrent à la fin de 1941. Entre temps, en effet, les travaux des physiciens ont montré que quelques kilogrammes d'uranium 235 suffisent pour fabriquer une bombe et qu'il est possible de séparer les isotopes de l'uranium par différentes méthodes physiques. La recherche atomique est totalement réorganisée et, en août 1942, la fabrication de l'arme atomique est confiée à un département placé sous le contrôle de l'armée, avec à sa tête le colonel Groves. Son nom de code: projet Manhattan. D'énormes crédits sont engagés, un programme et un calendrier établis, et on recrute des milliers d'ingénieurs, techniciens et scientifiques, parmi lesquels de nombreux émigrés d'Europe. Dès le 2 décembre 1942, à Chicago, Fermi construit là première pile atomique du monde, en superposant des briques d'uranium et de graphite, et la première réaction en chaîne produit un demi-watt d'énergie ! Trois grandes piles, industrielles celles-là, sont alors mises en chantier pour la production de plutonium, ainsi que trois usines chimiques pour séparer ce plutonium. Ces constructions emploient 45 000 personnes. L'autre grand but - la séparation de l'uranium 235 - est poursuivi de front. En 1943, on construit dans le Tennessee des dizaines d'unités de séparation électromagnétique, une usine de diffusion gazeuse (voir photo) et une installation de diffusion thermique comprenant plus de 2 000 colonnes de 15 m de haut. Mais c'est à Los Alamos (Nouveau-Mexique) que sont calculées et conçues les futures bombes. Dans cet immense laboratoire construit de toutes pièces au milieu du désert travailleront, dans l'urgence et le plus grand secret, des centaines de physiciens dont plus de 20 prix Nobel ou futurs prix Nobel, sous la direction de J.R. Oppenheimer.

Posté par Yoroba à 12:51 - Parlons-en - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 juillet 2007

Le sermon de Sarkozy

sermon_sarkoPour sa première sortie en Afrique subsaharienne, le nouveau Président français a choisi le Sénégal. Certainement au nom de la profonde amitié qui lie ces deux pays.

Cette visite a été l’occasion pour Nicolas Sarkozy de s’adresser – devant des milliers de jeunes étudiants – à la jeunesse africaine toute entière.

Le successeur de Chirac a «osé» reconnaître que la colonisation était une erreur sans toutefois vouloir aussi admettre qu’elle est à l’origine de nombreux conflits en Afrique. «La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique», a-t-il affirmé. Une déclaration qui a suscité des réactions controversées dans l'assistance, dont une partie ne semble pas avoir apprécié un ton qualifié par certains de «moralisateur». «C'était un discours un peu trop moralisateur. Il est incontestable que nous sommes responsables d'un certain nombre de choses du point de vue de l'immobilisme de l'Afrique, mais le monde est également coupable d'une bonne partie de la situation de l'Afrique», a réagi Moustapha Kassy, professeur d'économie à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar.                            Pour remédier à cela Sarkozy propose une solution plus ‘‘Françafricaine’’ que jamais. «Je suis venu vous proposer, jeunes d'Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d'en tirer ensemble les leçons et de regarder ensemble vers l'avenir», a-t-il souligné. Le Président français a ainsi prôné un «partenariat entre nations égales en droits et en devoirs» et affirmé que la France sera «aux côtés» de l'Afrique sur le chemin de la bonne gouvernance et dans son combat contre la corruption et la misère. Certainement considère t-il encore l’Afrique comme une «nation égale – en droits et en devoirs –» à la France. L’ère Chirac n’a vraisemblablement pas cessé de souffler. Elle a seulement changé de style.

Posté par Yoroba à 09:15 - Parlons-en - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juillet 2007

Décor carcéral

PrisonAssis à même le sol les yeux hagards, le regard perdu, la tête entre les deux mains, Broulaye F, 33 ans de nationalité malienne attend patiemment l’heure du déjeuner. Il est environ 14 heures 40.

Comme lui, ils sont une centaine de détenus tous aussi chétifs les uns que les autres. Ils espèrent avoir un menu inhabituel grâce à la ‘‘Fraternité des Prisons’’. Cette Ong est venue leur rendre visite ce samedi 20 juillet, dans la prison d’Aboisso, ville située à 151km d’Abidjan, dans le sud-est de la Côted’Ivoire.

«C’est un enfer ici», confie N.R, la cinquantaine, condamné à 10 ans de prison pour braquage et tentative de meurtre. «J’ai fait 9 ans ici et je peux vous dire que ce n’est pas la joie. Regarder vous-même l’état des bâtiments, vous pourrez deviner comment c’est dur d’être en prison», indique-t-il.

A l’entrée de la prison, une première cour vous accueille. Elle présente un bâtiment assez bien tenu. C’est le bureau de l’administration pénitentiaire. Puis en face l’on aperçoit un couloir étroit. En le traversant une mauvaise odeur indescriptible vous pénètre dans les narines. En réalité de part et d’autres de ce couloir, il y a les cellules. Sur le flanc droit, une grande salle étroite et mal éclairée est entrouverte. A terre de nombreuses nattes sont éparpillées. Elles servent pour la couchette des incarcérés. «Elles ne nous suffisent pas et ce sont ceux qui ont plus de force qui se les approprient. Le reste dort à même le sol. Si vous avez un peu (d’argent 25 francs Cfa) ou une cigarette ou un peu de riz, vous pourriez éventuellement partager une natte juste pour nuit», raconte Gilbert T., 27 ans, mis en prison pour vol de pièces de voiture. Il en a pour 2 ans encore. En face de cette geôle «populaire», l’on peut distinguer deux salles hermétiquement fermées. On peut lire sur l’entrée de la première «Dieu est là». Une inscription faite à main levée avec du goudron. C’est la «salle blindée». C’est une pièce carré d’environ quatre mètres sur quatre. Sans lumières et sans aucune possibilité de communiquer avec l’extérieur. C’est la pièce d’ «isolement». Y sont enfermés les criminels et autres grands gangsters. «Ici, explique un garde pénitentiaire, les détenus peuvent faire plusieurs années sans mettre le nez dehors. Nous enfermons aussi dans cette cellule les détenus qui nous cassent les pieds. Et ils y restent pour une semaine voire plus».

Un peu plus loin à côté de cette salle l’on trouve une autre cellule. C’est la ‘‘chambre’’ des femmes. Une seule occupante : J.K. accusé de sorcellerie par une voyante. Elle a été incarcérée depuis quelques mois en attendant son jugement.

Le couloir formé par ces deux bâtiments conduit vers une deuxième cour. C’est l’aire de jeu et de promenade pour les prisonniers. Sur les murs de cette arrière cour, des images de Bob Marley sont dessinées à l’aide de peintures jaune-vert-rouge. Moins qu’un espace de détente, l’endroit ressemble plus à une terre abandonnée avec ça et là des touffes d’herbes que certains prisonniers tentent de déterrer pour passer le temps.

C’est à cet endroit que se fait la cuisine des détenus. Une bouillie de maïs, avec de la peau d’igname que l’on tente d’assaisonner avec du sucre ou du sel – c’est selon les humeurs du ‘‘cuisinier’’. «Il faut avouer que les conditions de vie sont très précaires. Avec une telle alimentation et vue l’endroit où ils dorment, c’est pas étonnant que ces prisonniers soient tous malades», confie Amani Z, médecin et membre de l’Ong FIP. «Nous avons pu constater que les prisonniers ne prenaient pas de bain. Cela occasionne de nombreuses maladies de la peau. Les maux que nous avons rencontrés fréquemment chez la majorité, sont la gale et autres affections cutanées. Mais il y a également des cas d’hypertension artérielle, de paludisme, d’indigestion, d’hypoglycémie ou même de VIH-Sida», ajoute Amani Z.

Pour les «pensionnaires» de la prison d’Aboisso, «ils meurent à petit feu».

Du côté de l’administration, personne ne veut se livrer à un quelconque commentaire. L’on se contente simplement de dire que la responsabilité des conditions de vie des prisonniers incombe à l’Etat. Celui-ci doit «accorder plus de moyens financiers et réhabiliter les bâtiments de cet univers carcéral», suggère un garde qui a requit l’anonymat.

A n’en point douter, la prison d’Aboisso, est un véritable enfer. Chaque prisonnier est livré à son propre sort… au sort que lui réserve son destin.

Pour JL, un autre détenu, «la prison devrait favoriser un changement positif dans le comportement prisonnier». Cependant, le spectacle qu’offre ce lieu donne à réfléchir sur la joie d’être libre.

Posté par Yoroba à 23:07 - Parlons-en - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juin 2007

Le "vieux nègre" et les cinq millions

liasse_dargentLa cour familiale des Kamagaté à Adjamé 220 logements connaît une animation particulière ce lundi matin. Cris, chants d’allégresse et danses ameutent tout le quartier. La raison ? Le chef de famille, un vieil homme de 75 ans, la taille moyenne et le teint foncé, vient de gagner à la loterie nationale. M. Kamagaté est détenteur d’un ticket d’une valeur de 5 millions de F.CFA.

Ivre de joie et la voix nouée par l’émotion, le vieux Kamagaté, tout essoufflé, explique : «Ce matin, comme d’habitude, je me suis rendu dans le kiosque du quartier pour me procurer un ticket de loterie», confie-t-il tout heureux avant de poursuivre. «Une fois à la maison, je me suis allongé dans mon hamac. A l’aide d’une pièce de monnaie, j’ai gratté mon ticket.

Lorsque j’ai aperçu trois fois cinq millions, j’ai poussé un grand cri. Mes deux femmes et mes enfants, craignant le pire, ont couru vers moi». A mesure que son domicile se remplit, il brandit fièrement son ticket. En effet, cela fait 15 ans que M.Kamagaté joue à la loterie. «Il y a vraiment un Dieu pour les pauvres», lance Abiba, vendeuse de bouillie de mil aux 220 logements. Les voisins alarmés par cette atmosphère chaude et inhabituelle chez les Kamagaté, viennent s’enquérir des nouvelles. «Nous sommes très heureux pour lui. C’est un homme qui a bon cœur. Tout le monde le connaît dans le quartier pour sa gentillesse. Vraiment Dieu merci», lance Awa Traoré, la voisine.

Les deux épouses et les neuf enfants du Vieux Kamagaté sont en extase. Ils ne peuvent pas se contenir. Déjà dans la grande cour, s’improvise un vaste ballet de visiteurs, proches et anonymes, pour féliciter l’heureux gagnant. Les casseroles et autres ustensiles de cuisine sont transformés en tam-tams par les enfants. L’ambiance est électrique.

Les soucis du millionnaire

Le griot du quartier qui a certainement entendu la bonne nouvelle, fait irruption chez l’heureux gagnant. Il capte l’attention de tout le monde, chante à gorge déployée les louanges des Kamagaté. «Vaillant homme, arbre que ne saurait déraciner vents et feux, tu es un héros, tu es le digne fils des Kamagaté (…)», lance-t-il avec mesure et cadence. Bientôt, la nouvelle a dépassé le périmètre du quartier. Les appels téléphoniques fusent de partout.

Le "Kôrô" (homme âgé en langue Malinké) trouve à peine le temps de recevoir ses visiteurs. Les bonnes nouvelles vont vite. «Il y a même des amis que j’ai perdu de vue depuis de longues années qui m’ont appelé tout à l’heure», dit-il, essoufflé par toute cette ambiance. En une heure, la cour familiale des Kamagaté est noire de monde.

Dans les échanges avec ses hôtes, cet entrepreneur à la retraite étale ses projets à venir. «Je vais acheter trois Wôro wôro que mes enfants vont conduire. Ensuite je vais aller en France pour me promener parce que c’est mon rêve», confie le «Kôrô». Dans la foule, quelqu’un crie : «Ne nous oublie pas Kôrô !». C’est certainement un habitant du quartier qui connaît la générosité légendaire de ce vieil homme. Ce dernier, le sourire aux lèvres, rassure : «In’challah, je ne vous oublierai pas !». M. Kamagaté serre très fort son ticket et le scrute pendant un long moment.

Il est heureux mais très pensif depuis quelques instants. Et tous les bruits de part et d’autre ne le sortent pas de sa profonde réflexion. «Comment vais-je gérer ces 5 millions ?», s’interroge-t-il. «Je suis sûr que chaque membre de la grande famille va vouloir que je lui donne un peu d’argent. Quand tu es riche, tu as plus de problème que quand tu es pauvre», poursuit-il. M. Kamagaté sait que cet argent, même s’il a provoqué tant de tapage, ne profitera pas forcément à sa famille comme il le souhaite. Dans la mesure où chaque personne présente à son domicile attend quelque chose de lui.

Posté par Yoroba à 14:13 - Parlons-en - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1