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Et si l'Afrique était un autre monde

La nuit nous appartient

03 décembre 2007

40 ans de Bongo au pouvoir, bilan contrasté

BONGO_GABON_2Le président gabonais Omar Bongo Ondimba a célébré dimanche ses 40 ans de pouvoir, fort d'un parcours politique d'une durée inégalée en Afrique mais d'un bilan économique et social mitigé eu égard aux richesses de son pays
Bongo, malgré des crises, notamment lors de l'instauration du multipartisme dans les années 90, est resté sans interruption à la tête du Gabon, ce qui fait de lui le doyen des chefs d'Etat d'Afrique et le détenteur du plus long mandat sur ce continent.
Vice-président de Léon M'Ba, chef de l'Etat lors de l'indépendance de cette ancienne colonie française en 1960, il lui a succédé juste après son décès fin novembre 1967.
Le Gabon, qui affiche par habitant un revenu de 6.950 dollars dont la répartition est très inégalitaire, est riche en matières premières (pétrole, manganèse, fer, bois). Avec 1,3 million d'habitants pour 267.667 km2, sa densité est l'une des plus faibles du continent.
"Ces ressources font de ce pays l'un des plus riches d'Afrique mais elles ne profitent qu'à une minorité, même si le président essaye de calmer le jeu en distribuant places, honneurs et argent", note un connaisseur de la vie politique gabonaise.
Bongo, qui aura 72 ans fin décembre, "a disposé d'une marge de manoeuvre que n'ont pas eu beaucoup de chefs d'Etat en Afrique, mais il n'en n'a pas profité pour équiper le pays comme il aurait pu et dû", estime un économiste.
Le sociologue gabonais Anaclé Bissiélo souligne que "c'est la manne pétrolière qui a en partie permis la stabilité dont jouit le pays depuis son indépendance, mais celle-ci n'a pas apaisé le malaise profond qui existe actuellement chez les Gabonais", surtout chez les jeunes.
"C'est avec les pétrodollars que l'opposition a été calmée dans les années 90", quand a soufflé le vent du multipartisme en Afrique après la chute du mur de Berlin en 1989, observe un diplomate.
"Bongo a alors distribué avantages et privilèges avec l'argent du pétrole (72% des recettes budgétaires), et rallié peu à peu ses plus anciens contempteurs", remarquent des analystes de la vie politique locale.
Bongo, réélu en 2005 avec 79% des voix, ne s'est jamais caché de distribuer de l'argent, estimant que c'était sa façon de répartir la richesse et que la démocratie ne fonctionnait pas au Gabon comme en Occident.
Si le président, qui peut se targuer d'avoir préservé la paix et la stabilité, a contourné les obstacles politiques avec succès, faisant preuve d'un sens tactique évident en annihilant quasiment toute opposition, son bilan économique et social, avec un taux de chômage officiel dépassant 25%, reste décevant.
Ses adversaires dénoncent régulièrement la gabegie du régime, ses excès, tout en dénonçant l'argent qui "s'évapore" au bénéfice d'une minorité, tandis que des secteurs comme l'éducation nationale, la santé ou encore les infrastructures routières manquent de moyens alors que le pays possède de fortes potentialités.
Ce bilan contrasté est rehaussé par une active diplomatie de Bongo, un des derniers piliers de la "Françafrique" et l'allié numéro un dans la région de la France, qui entretient à Libreville une base avec 800 soldats.
"Le Gabon, malgré sa taille réduite, joue un rôle important sur la scène diplomatique régionale", souligne un diplomate occidental.
Ces dix dernières années, Bongo a participé notamment à la résolution des crises en Centrafrique etsarko_gabon_foret_20070728 au Congo-Brazzaville et s'est impliqué, un temps, dans celle de la Côte d'Ivoire.
Cette diplomatie active de Bongo a entraîné l'ouverture à la Chine qui ne s'est pas fait prier pour signer un accord d'exploitation d'un important gisement de fer au coeur de la forêt gabonaise.

(source Afp)

Je vous propose de lire aussi "Omar Bongo: Le Roîtelet de la forêt" avec la réaction des gabonais - certainement. Très rigolo semble -t-il. http://www.bdpgabon.org/content/view/1405/71/

Posté par Yoroba à 10:27 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Poésie : Est-il juste de dire que rien n’a été fait ?

Rappelez-vous Monsieur le Président, que cet acte avait été qualifié par certains de risque inconsidéré.
Pourtant, nous avons tenu à respecter nos engagements.
Afin de permettre aux membres du Gouvernement de s’approprier l’Accord politique de Ouagadougou et d’acquérir une feuille de route cohérente, nous organisions un séminaire à cet effet le 2 mai 2007.

Le 23 mai 2007 le Conseil des Ministres adoptait la matrice de mise en oeuvre de l’Accord politique de Ouagadougou, déclinant ainsi les résolutions dudit accord en actions concrètes.
Quelques jours seulement après, à l’occasion d’une de nos séances de travail au sommet de l’Etat, vous signiez deux décrets ; celui portant nomination des Préfets et celui affectant les magistrats dans les zones Centre Nord et Ouest.
Entre temps, le 14 mai 2007, nous avons conclu la reprise de la coopération financière entre notre pays et les institutions financières internationales.

Est-il juste de dire que rien n’a été fait ?

Le 29 juin 2007, dans l’optique du lancement des audiences foraines, alors initialement prévues pour le 5 juillet 2007, je me rendais à Bouaké pour procéder à l’installation des magistrats dans ladite ville, lorsque j’ai été victime d’un attentat meurtrier.
Tout aurait pu s’arrêter là. Et la Côte d’Ivoire aurait pu replonger dans les méandres de l’incertitude, avec ses morts, ses blessés, ses orphelins, ses veuves et ses victimes.
Ce même jour, faisant fi des frayeurs et des moments d’intenses douleurs, face à tant de gâchis en vies humaines, en dépit du fait que mes plus proches collaborateurs luttaient contre la mort, et bien que j’étais moi-même mortifié dans l’âme, j’ai exigé pourtant que l’audience solennelle d’installation des magistrats soit maintenue.

Est-il vraiment juste de dire que rien n’a été fait ?

Dix jours seulement après l’attentat, je me suis rendu à Abidjan pour montrer ma détermination pour la Paix.
D’autres n’ont pourtant pas hésité à qualifier cet engagement de bravoure inconsciente.
Renoncer à ce moment précis, aurait été tout simplement lâche.
Tomber dans les accusations faciles, aurait été purement simpliste et ridicule.
Trouver les ressources nécessaires pour continuer la bataille de la paix, me paraissait plus sage.

Et c’est ce que j’ai fait.

La flamme de la paix organisée à Bouaké le 30 juillet 2007, participait de la logique de redonner confiance à nos compatriotes et d’imprimer un souffle nouveau au processus de paix.
A tout ce bilan non exhaustif, on peut ajouter l’installation le 8 août 2007, du groupe de travail sur les audiences foraines et la reconstitution des registres de l’état-civil, le retour officiel des élus locaux (maires et conseillers généraux) le 16 août 2007, l’adoption du mode opératoire des audiences foraines le 24 septembre 2007 et le séminaire sur la mise en place du service civique le 19 octobre 2007.

Est-il juste de dire que rien n’a été fait ?

Monsieur le Président, durant toute votre tournée, vous avez vu les Préfets et les Sous-préfets à leurs postes de travail, dans les tenues d’apparats, travaillant en toute quiétude et en toute liberté.
Et ce n’est pas un acte symbolique. Ils sont bel et bien là ! Et ils sont au travail en parfaite harmonie avec les Forces Armées des Forces Nouvelles.
Les forces mixtes du CCI opèrent sur l’ensemble du territoire ivoirien, procurant la sécurité à tous.

Est-il juste de dire que rien n’a été fait ?

Pour le redéploiement des autorités préfectorales, j’ai dû demander aux Forces Armées des Forces Nouvelles et au personnel civil des Forces Nouvelles de renoncer aux prérogatives administratives exercées pendant cinq ans ; sacrifice qu’ils ont accepté de consentir au nom de l’intérêt supérieur de l’Etat.
Ce sacrifice a permis au corps préfectoral d’être à son aise dans les zones Centre, Nord et Ouest.

Est-il juste de dire que rien n’a été fait ?

Monsieur le Président, les audiences foraines sont bel et bien une réalité.
C’est bien le 25 septembre 2007 qu’elles ont été lancées sur l’ensemble du territoire, sans incident, sans violence, presque banalement.
Chaque jour, des sans papiers sortent de l’anonymat administratif pour conquérir leur citoyenneté.

Est-il juste de dire que rien n’a été fait ?

D'après Guillaume Soro

Posté par Yoroba à 09:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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