Prologue – Nous nous sommes réveillé en début de semaine avec un tintamarre dans la presse des ‘‘blues’’ (comprenons bleus en anglais pour éviter de nouvelles polémiques). Précisément dans «Le courrier d’Abidjan» avec l’émergence d’une vielle querelle personnelle entre deux amis-associés. Une histoire d’amour qui tourne ‘‘vin aigre’’ et qui éclabousse au visage tous les admirateurs du journal de la «Passion de la vérité».

A la genèse tout commence le mardi 11 septembre. Alors que le monde entier commémore les attentats de 2001 aux Etats-Unis, le quotidien ‘‘Le Patriote’’ révèle «une lettre secrète au vitriol» qui serait écrite par le Professeur Mamadou Koulibaly, sous une plume d’emprunt. Le quotidien proche de l’opposition annonce par la même occasion comme conséquence des effets de cette lettre dans le camp républicain – et ce tambour battant – que «le rédacteur en chef du ‘‘Courrier d’Abidjan’’ est limogé». «Cette lettre signée de Mahalia Nteby a fait déjà une victime. Notre confrère Théophile Kouamouo, rédacteur en chef du ‘‘Courrier d’Abidjan’’ a reçu hier en début de soirée de Sylvestre Konin, directeur de publication du même organe, une lettre de licenciement. Celui-ci a immédiatement nommé Emmanuel Grié, rédacteur en chef. L’ours du Courrier ne portera donc pas aujourd’hui le nom de Théophile Kouamouo. Sylvestre Konin que nous avons interrogé a confirmé les faits : « Il ne fait plus partie de mes effectifs. C’est la surprise générale. Coup de fil par ci, tête à tête par là. Chacun cherche à comprendre ce qui se passe.

A l’origine de cette histoire, une affaire d’insubordination. «Il a été libéré pour insubordination. Il a refusé de faire publier un papier que je lui ai proposé. Et ce n’est pas la première fois », stipule le Sylvestre Konin, Directeur de publication et associé de Théophile Kouamouo. C’est l’affaire de l’année semble-t-il pour certains charognards qui n’attendaient qu’une telle occasion.

Pour Théophile, c’est plutôt une rébellion idéologique de la part de son «Dp». Selon le quotidien le Patriote, l’ex Red’ chef de Le Courrier d’Abidjan «présente les faits autrement. Il explique que depuis un moment, il a une «divergence éditoriale» avec Sylvestre Konin. Une situation qu’il a toujours gérée au mieux de sa rédaction dont il est le chef. Pour lui, le directeur de publication s’était spécialisé dans les «passages en force» avec des papiers sans l’aviser ou avoir son assentiment. Et la dernière fois, il a dû recourir à un «aîné» pour le dissuader de publier un papier qu’il estime non seulement «diffamatoire» à l’égard du Chef de l’Etat, «contraire à la ligne éditoriale» du Courrier, mais aussi qui s’avère être un ramassis de ragots». Mais Théophile entend intenter une action en justice contre son associé avec qui il est désormais officiellement en disgrâce, «pour licenciement abusif et pour mauvaise gestion. Les deux hommes sont des associés du Courrier et aussi de la société Distrilibre. Il explique que son associé n’a jamais fait de bilan financier», comme nous l’apprend le quotidien de l’opposition, qui a décidé de faire de cette histoire une «affaire à suivre». Elle suivra donc son cours.

Episode 2 – Le mercredi 12 septembre toute la presse est inondée par l’affaire «Théophile contre Sylvestre au sujet de la lettre écrite par Mahalia N’teby». C’est Le Patriote qui introduit en donnant la suite et en commentant la lettre attribuée au Président de l’Assemblée nationale. «La lettre de Mamadou K adressée aux Ivoiriens est un véritable réquisitoire contre le régime dont il est pourtant un des pontes. Désillusionné par ses compagnons frontistes, l’ex- président de l’Assemblée nationale se veut un nouveau rédempteur en portant le glaive dans le cœur même de la Refondation venue de « manière calamiteuse » au pouvoir d’Etat et l’une de ses tares congénitales : la gabegie. Tout se passe comme si le chef frontiste n’est au courant de rien», écrit Le Patriote. De son côté le ‘‘Nouveau réveil’’, le journal de l’ancien parti au pouvoir (PDCI-RDA), revient sur le licenciement de l’ancien correspondant de Le monde. En titrant que «la guerre des clans au FPI emporte Théophile Kouamouo». «Licencié de son poste de rédacteur en chef de “Le Courrier d'Abidjan” pour insubordination". La décision qui frappe Théophile Kouamouo a été prise par Sylvestre Konin, le directeur de publication. C'était lundi. A en croire le DP de Le Courrier d'Abidjan, journal proche du FPI et très critique envers la France, son ex-collaborateur et aussi associé (dit-on) " a été libéré pour insubordination», a-t-on pu lire.

Pour leurs parts les journaux proches du parti au pouvoir font un large écho des «démentis» de Mamadou Koulibaly au sujet de la lettre qu’il aurait rédigée. Notre Voie écrit : «Nous avons reçu hier, enfin d’après-midi, du président de l’Assemblée nationale, un communiqué de presse dans lequel il dément l’information selon laquelle, il serait l’auteur d’un texte qu’il aurait signé d’un pseudonyme et qui dénoncerait les tares du régime ivoirien. “Dans sa parution du mardi 11 septembre 2007, le quotidien «Le Patriote» a publié sous la plume de M. Kigbafory Inza, un article intitulé “Dans une lettre secrète au vitriol, Koulibaly attaque Gbagbo”, écrit le président de l’Assemblée nationale qui va plus loin. “Dans ledit article, il est mentionné que je suis l’auteur d’une missive “Naufrage d’une nation” signée de la plume de Nathaly Ntéby. Je tiens à préciser que je ne suis pas l’auteur de cette missive. Je n’ai jamais utilisé de pseudonyme et ne le ferai jamais”, tranche Mamadou Koulibaly qui, comme un “garçon pile”, renchérit : “Lorsque j’écris des articles, je les signe de mon nom et en assume toutes les conséquences”. Espérons seulement que ce texte mettra fin définitivement à la polémique d’autant que l’auteur de l’article est bien connu et s’appelle Mahalia Ntéby, l’anagramme du nom Nathaly Yamb». Le Courrier d’Abidjan dont les dirigeants sont à l’origine de cette «affaire», retranscrit la «sévère» mise en garde du Président de l’assemblée Nationale contre ses «détracteurs». «Nous avons reçu hier, enfin d’après-midi, du président de l’Assemblée nationale, un communiqué de presse dans lequel il dément l’information selon laquelle, il serait l’auteur d’un texte qu’il aurait signé d’un pseudonyme et qui dénoncerait les tares du régime ivoirien. “Dans sa parution du mardi 11 septembre 2007, le quotidien «Le Patriote» a publié sous la plume de M. Kigbafory Inza, un article intitulé “Dans une lettre secrète au vitriol, Koulibaly attaque Gbagbo”, écrit le président de l’Assemblée nationale qui va plus loin. “Dans ledit article, il est mentionné que je suis l’auteur d’une missive “Naufrage d’une nation” signée de la plume de Nathaly Ntéby. Je tiens à préciser que je ne suis pas l’auteur de cette missive. Je n’ai jamais utilisé de pseudonyme et ne le ferai jamais”, tranche Mamadou Koulibaly qui, comme un “garçon pile”, renchérit : “Lorsque j’écris des articles, je les signe de mon nom et en assume toutes les conséquences”. Espérons seulement que ce texte mettra fin définitivement à la polémique d’autant que l’auteur de l’article est bien connu et s’appelle Mahalia Ntéby, l’anagramme du nom Nathaly Yamb. «Le président de l’Assemblée nationale ne se reconnaît pas dans ces allégations. Il n’a pas écrit cette lettre, il n’en est point l’auteur», nous a-t-il indiqué d’entrée, avant de faire remarquer qu’il n’est pas Mahalia Ntéby. D’ailleurs, a-t-il poursuivi, «jusqu’à présent, il ne m’est pas arrivé d’écrire sous des pseudonymes. Quand j’ai quelque chose à écrire, c’est en toute responsabilité que je le fais sans me cacher derrière un quelconque pseudonyme», a-t-il rappelé pour rafraîchir la mémoire à ses détracteurs de tout acabit. Démentant formellement les accusations portées contre lui, Mamadou Koulibaly s’est voulu on ne peut plus clair. «Je tiens à rassurer les Ivoiriens, les autorités de ce pays et tous les observateurs de la situation actuelle que traverse la Côte d’Ivoire que je ne suis pas l’auteur de cet article. Chaque fois que j’ai quelque chose à dire, je signe de mon propre nom. D’ailleurs, mes relations avec le président de la Républiquesont telles que quand j’ai quelque chose à lui dire, ce n’est pas dans les colonnes des journaux que je viendrais le faire, à plus forte raison dans ‘‘Le Patriote’’»,a tenu à préciser le Président de l’Assemblée nationale, selon les écrits de Le Courrier. Pour le Professeur Mamadou Coulibaly, il «condamne fermement tous ceux qui ont participé au montage de cette manigance», ajoutant qu’il se fera le plaisir à la première occasion, «de leur donner la riposte adaptée».

Episode 3 – Jeudi 13 septembre, les choses ne s’améliorent pas. «Depuis que la presse nationale s’est faite l’écho de rapports tumultueux entre le président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly, et son parti, le Front populaire ivoirien (Fpi), l’atmosphère s’est de plus en plus dégradée au sein du parti au pouvoir», écrit Le Front dans sa parution de ce jeudi. En révélant que dans ses dires de la veille le Président de l’assemblée nationale a apporté des démentis «non sans tirer à boulets rouges sur Théophile Kouamouo, l’ex-rédacteur en chef du ‘’Courrier d’Abidjan’’, limogé par le journal pour faute lourde. Pour M. Koulibaly, Théophile Kouamouo veut nuire au chef de l’Etat qui l’a accueilli». Accusé d’être à l’origine de la publication de cette lettre dans les colonnes de ‘’Le Patriote’’, Kouamouo se défend et donne «sa part de vérité» dans ‘‘Notre Voie’’, le journal du parti au pouvoir. «Le 10 septembre dernier, en me faisant remettre une lettre de licenciement sans préavis et en faisant envahir les locaux du Courrier d’Abidjan par une meute de vigiles dont certains étaient armés pour m’expulser des lieux, Sylvestre Konin, mon associé et directeur de publication, prenait la responsabilité de transformer des divergences entre associés en conflit ouvert, avec son corollaire de développements médiatiques et judiciaires. Dernière pomme de discorde en date : mon refus, en tant que rédacteur en chef, de publier un article de Nathalie Yamb alias Mahalia Ntéby, que j’ai estimé, en tant que journaliste professionnel, injurieux et diffamatoire pour le président de la République de Côte d’Ivoire», écrit-il. Dans cette «part de vérité» Théophile revient sur la «mauvaise gestion» de son associé. «J’ai décidé de l’attaquer aux termes du droit social pour licenciement abusif et aux termes du droit des sociétés pour incompétence en tant que gérant – il n’a jamais publié de bilan d’une entreprise qui édite Le Courrier d’Abidjan depuis le 1er janvier 2005», soutien l’ex Réd’ chef  dudit journal. Ce dernier se sens victime d’une conspiration et interpelle Le Professeur Mamadou Coulibaly : «A ma grande surprise, ce qui était un conflit éditorial et financier entre deux associés d’un journal privé revendiquant son ancrage au sein de la galaxie patriotique a été transformé par le quotidien Le Patriote, grand spécialiste de la manip devant l’Eternel, en conflit entre le Président de la République Laurent Gbagbo et le président de l’Assemblée nationale Mamadou Koulibaly. A ma plus grande surprise, le président Mamadou Koulibaly m’a violemment accusé, à en croire le quotidien Nord-Sud, d’être impliqué dans cette énième manœuvre du Patriote, accompagnant ces affirmations – sur lesquelles il a toutefois émis des doutes – de propos extrêmement blessants pour ma personne. Serais-je l’outil d’une conspiration visant à opposer les présidents Gbagbo et Koulibaly ? Trois fois non. J’affirme ici que le président de l’Assemblée nationale, pour lequel j’ai beaucoup d’estime et d’admiration, a été induit en erreur par un duo infernal constitué de deux nageurs en eaux troubles : Sylvestre Konin et Nathalie Yamb alias Mahalia Ntéby».  Mais Kouamouo ne s’arrête pas là, il apporte la preuve de la conspiration et donne de nouveaux éléments aux lecteurs dont ceci : «Le 7 septembre en début d’après-midi, Sylvestre Konin envoie un message électronique à Fernand Agbo Dindé, en réponse à un mail le remerciant d’avoir diffusé son article. Il en fait copie à de nombreux quotidiens ivoiriens dont… Le Patriote ! «Merci mon cher Dindé, mais je pense qu'il est bon que vous sachiez que mon rédacteur en chef en l'occurence Théophile Kouamouo, s'était catégoriquement opposé à la publication de cet article dans Le Courrier d'Abidjan. Cela a inauguré une énième période de crise dont très certainement vous entendrez parlé dans les jours qui suivent». Le projet d’arriver à une crise médiatisée est déjà conçu, Le Patriote déjà pris à témoin ! En fin d’après-midi, Sylvestre Konin me transmet une demande d’explication. A peine ai-je fini de lire sa demande que j’apprends qu’une réunion d’urgence se tient pour informer le personnel de cette demande d’explication. La machine folle de Konin ne s’arrête plus. Une chose est sûre. Cet homme et son amie Mahalia Ntéby-Nathalie Yamb ont engagé dans Le Courrier d’Abidjan une campagne à l’esprit divisionniste. Cet homme a mis la puce à l’oreille de la presse d’opposition l’information d’une crise au Courrier d’Abidjan. Jusqu’où est-il allé ? A-t-il transmis au Patriote le papier recalé par Le Courrier d’Abidjan ? Je ne peux rien affirmer. Mais il est hors de question, à mon sens, qu’on accuse celui qui a refusé à la fois une campagne perverse et un scandale public, d’avoir livré Mamadou Koulibaly en pâture. Nathalie Yamb-Mahalia Ntéby se répand quasi-quotidiennement sur le net, affirmant qu’elle «connaît bien» Gbagbo et annonçant, avant qu’elles ne soient rendues publiques, les initiatives de Mamadou Koulibaly. De manière très perfide, cette citoyenne suisse aux origines camerounaises, met de l’huile sur le feu… bien planquée dans la compagnie de téléphonie internationale où elle fait carrière et bien protégée par l’anonymat. Les intrigants ne sont pas là où on le croit». Théophile conclu en interpellant les souvenir des ‘‘patriotes’’ : «Les patriotes ivoiriens doivent avoir de la mémoire et mesurer les sacrifices des uns et des autres ainsi que leur crédibilité. Je tiens ici à affirmer, de manière très solennelle, mon intime conviction : Mamadou Koulibaly n’est pas lié aux basses intrigues de Konin et de Yamb. Ces intrigues sont une épreuve pour cet homme politique courageux et à l’intelligence vive. Je n’ai jamais rien entrepris contre lui, malgré quelques frustrations liées aux hauts et aux bas classiques d’une relation amicale». En tout état de cause l’ex- employé de Le Monde entend se défendre «jusqu’au bout» contre ceux qui veulent détruire son honneur et sa réputation.

Episode 4 – Ce jeudi 13 septembre, alors que la presse nationale s’adonne à cœur joie à publier cette affaire «Théophile contre Sylvestre au sujet de la lettre écrite par Mahalia N’teby», un autre débat à lieu…ailleurs… sur le blog de Théophile. Disponible aussi sur son blog, sa «part de vérité» a été l’objet de plusieurs réactions d’internautes (37 jusqu’à dimanche 10 heures). Mais celle qui aura retenu l’attention de plus d’un est ce commentaire signé «Sylvestre Konin» qui est titré : «Sylvestre Konin, un ivoirien indigne de ce nom ? Ma part de vérité !». Commentaire dans lequel le «Dp» de Le Courrier d’Abidjan annonce que dans les prochains jours, il publiera une réflexion sur la question «pour édifier l’ensemble des patriotes ivoiriens et africains». (Commentaires disponibles sur mon blog, voir ci-dessous, ndy). Vendredi 14 septembre, l’on s’attend à de nouveaux rebondissements dans l’affaire «Théophile contre Sylvestre au sujet de la lettre écrite par Mahalia N’teby». Mais rien de nouveau sauf le Droit de réponse de Fernand Agbo Dindé, dont le nom a été cité dans la «part de vérité» de Kouamouo. Pourtant la journée du samedi 15 sera marquée part des propos haineux à l’endroit de l’ex-Red’ Chef de Le Courrier d’Abidjan. Propos lus dans Le Patriote de ce Week-end et qui laissent transparaître les bassesses de ces auteurs… soit ! C’est pourquoi ‘‘Notre Voie’’ ne manque pas de répliquer dans sa parution du week-end, en affirmant que «l'acharnement de la presse de l'opposition sur le professeur Mamadou Koulibaly s'explique par le fait que celui-ci effraie ses détracteurs. Incapables de lui porter la contradiction, ils tentent de l'affaiblir en l'opposant à son parti. “FPI, affaire Mamadou Koulibaly : toute la vérité”. C'est le titre qui barrait la Une du quotidien “Nord-Sud” n°695 du lundi 10 septembre 2007. En parcourant le texte qui nous a été proposé, on se rend compte qu'il n'y a pas d' “Affaire Mamadou Koulibaly” au FPI». Que nous réserve donc cette semaine qui s’ouvre dès aujourd’hui 16 septembre. A coup sûr l’affaire «Théophile contre Sylvestre au sujet de la lettre écrite par Mahalia N’teby» n’a pas encore fini sa randonnée et nous la suivrons de (très) près.