livre_Th_oJ’ai eu le plaisir de partager d’intenses moments d’enrichissement intellectuel lors de la dédicace du livre «la recolonisation de l’Afrique : le cas de la Côte d’Ivoire», le deuxième livre de Théophile Kouamouo, après « La France que je combats». C’était mardi 14 aout, veille de l’assomption dans un espace dénommé «Bozart».

A n’en point douter, ce fut une cérémonie fournie en invités et en «intello» de marque mais également une cérémonie édifiante pour le jeune apprenant que je suis.

C’est David N’Goran, éditorialiste à «Le Courrier d’Abidjan» qui introduit les débats avec une lecture critique de cette œuvre.

Tout en psalmodiant l’œuvre, David perçoit trois temps entre les lignes du livre ‘‘rouge’’ de Théophile. «Le temps individuel, le temps transindividuel ou collectif et le temps de l’arène». L’éditorialiste ne manque pas cependant, de relever quelques insuffisances dont le silence sur les évènements de novembre 2004, le manque d’une pensée prospective et «l’absence d’auto critiques». En réponse, l’auteur du livre estime que les évènements de novembre nécessitent que l’on ait l’ensemble des contours – cachés – de la question. «Certainement, nous savons beaucoup mais nous en ignorons encore plus». En effet pour Théo, sur les évènements de novembre beaucoup d’indices n’ont pas été révélés. «A dessein, d’un côté comme de l’autre, l’on dissimule des faits, des preuves». Il serait alors inopportun de se lancer dans l’analyse d’une situation qui n’a pas révélé 75% de la réalité. Que sait –on véritablement de ces «fameux évènements» ? Rien en réalité…seulement que le tiers de la vérité. «Ces évènements cachent des cadavres – qui ne sont pas forcément noirs – dans les placards», affirme l’ancien journaliste de ‘‘Le Monde’’.

Pour Théophile Kouamouo, l’écriture de ce livre repose sur la volonté de «révéler au monde que la France est l’acteur principal dans la crise ivoirienne». «De Marcoussis à Ouaga, la France a joué le rôle d’acteur principal dans le film de la crise qui a débuté le 19 septembre 2002», stipule l’auteur.

La recolonisation, est-ce une allusion à une époque décolonisée ?

Le vocable «recolonisation» sous entend que la Côte d’Ivoire a été colonisée puis décolonisée et qu’elle serait entrain d’être recolonisée. A cette question, le rédacteur en chef de «Le Courrier d’Abidjan» répond par l’affirmative en précisant que la recolonisation dont il s’agit ici est territoriale. « La Côte d’Ivoire a été décolonisée. Car d’une administration dirigée par la métropole l’on a abouti après l’indépendance, à une administration autonome, gérée par les ivoiriens eux-mêmes (…) C’est pourquoi, le néocolonialisme est administratif mais aussi militaire», soutien Théophile. Selon, l’auteur des signes apparents le démontrent. «Les forces militaires qui s’installent depuis quelques années (Onuci, Licorne etc.) ne sont pas dirigées par le chef de l’Etat mais par des ‘‘mains étrangères’’».

«La recolonisation est un processus, affirme-t-il. Un processus qui s’est déclenché et qui n’est forcément arrêté». C’est le point de vue de Jacqueline Sirera, qui estime que «la paix d’aujourd’hui, n’est pas le vrai frein à la – tentative – de recolonisation». En effet l’on ne peut pas affirmer avec certitude que ce processus qui a démarré est achevé. «L’ONU et la force Licorne sont – toujours – présentes en Côte d’Ivoire. Le Chef d’état major des armées de Côte d’Ivoire, n’a pas réussi à chasser les forces étrangères de l’aéroport», explique Théophile Kouamouo.