hotel_ivoireIl est plus de 17 heures ce dimanche 15 juillet. De la salle du «Palais des congrès» de l’hôtel ivoire d’Abidjan, de belles mélodies sont entendues. Une foule immense chante en chœur aux rythmes des chansons divines distillées par les différents artistes chrétiens sur la scène. Cette occasion à laquelle nous avons activement participé, nous a donné la possibilité de nous rendre compte de la beauté extérieure du «Palais des congrès».

La salle est fortement – et joliment d’ailleurs – éclairée. Donnant l’aspect d’un palais royal. La moquette d’un rouge vif rappelle l’autorité de cet imposant local qui durant des années a servi un nombre impressionnant de cérémonie et de spectacle. Les sièges sont tout aussi moelleux et confortables qu’un matelas de plumes.

Dans la salle, une ambiance de fête règne. Cris de joie et clameurs sont perceptibles. Les spectateurs joyeux, ignore tout ce qui se cache derrière les rideaux et dans le ‘‘ventre’’ du «Palais des congrès». Ils ne peuvent l’imaginer. Le décor qui s’offre à eux est bien trop paradisiaque être soupçonné de la moindre crasse.

Et pourtant derrière la scène, le décor est tout autre. Seuls les artistes et le ‘‘Mc’’ peuvent se rendre compte que le «Palais des congrès» de l’hôtel ivoire d’Abidjan ne révèle à ses visiteurs de ce soir là, qu’une beauté de face.

L’arrière est répugnant. Planches rongées par l’humidité, rideaux malpropres et enrhumants, loges sans serrures transformées en dépotoir d’objets inutilisés; climatisations chauffantes, murs crasseux, couloirs mal éclairés … c’est le paysage, ô combien décevant, que l’on peut gracieusement observer dans l’arrière plan de la scène au détour d’une visite de curieux. Dans un coin assez obscur, jonchent des ordures. C’est une ‘‘mini-poubelle’’. Rats, cafards et autres bestioles d’égouts se partagent les lieux.

Plus d’un, ce soir là, ont marqué leurs indignations. Le «Palais des congrès» bien qu’affichant une mine gaie, n’a plus rien de beau à l’intérieur. Un palais de regret. Un château abandonné aux ordures, à la rouille et aux voleurs.

Sans être un génie, l’on s’aperçoit que l’entretien manque cruellement. «Je ne peux rien vous dire concernant l’état de délabrement de cet édifice», lance Matthieu O., chargé de l’entretien. Il  craint qu’une quelconque déclaration lui coûte sa place. Que se passe-t-il réellement ? «Je crois que c’est du gâchis. Au temps du président Houphouët, le palais des congrès n’avait pas cet aspect. Hélas, mille fois hélas !», regrette Eugène Amoussou, la cinquantaine, nostalgique de l’ancienne époque. Il poursuit : «c’est un problème de gestion. Avec tout ce que rapporte cette salle, je suis désagréablement surpris que les responsables ne trouvent pas le moyen d’entretenir ce local».

Un responsable de l’entretien approché, requiert pour sa part l’anonymat avant de parler : «Avant par exemple, c’était une climatisation générale. Elle a connu quelques petits problèmes mais et au lieu de chercher à la réparer, de nouveaux ‘‘splits’’ ont été achetés pour alimenter toute la salle. Mais comme vous l’avez constaté, lorsqu’il y a du monde et que l’ambiance est surchauffée, les climatiseurs semblent ne pas agir», explique-t-il. Mais à qui revient la responsabilité de la gestion de ce patrimoine ? «A ce niveau vous me permettrez de ne pas vous répondre», supplie-t-il. «Il faut également sensibiliser ceux qui occupent la salle pour des cérémonies, ils ne prennent pas soins du matériel et des lieux. Ce qui constitue un véritable problème à notre niveau», accuse le quidam.

En tout état de cause, cette situation est déplorable.

Qui accuser ?

A qui revient la charge de la gestion du «Palais des congrès»? Un lieu qui a vu défiler de hautes autorités nationales comme internationales. Depuis les directeurs d’entreprises jusqu’aux Chefs d’Etats en passant par les présidents d’Institutions ou d’organismes internationaux. Et ce depuis plusieurs décennies.

Quelle est la véritable cause de cet état de délabrement avancé qui gagne désormais l’enceinte du «Palais» – qui avaient jusque-là résisté au manque d’entretien et au comportement indigne des locataires – ?

Il faut faire quelque chose. Mais quoi ?

Que chacun y fasse un tour s’il a l’occasion de participer à un cérémonie ou un spectacle. Que chacun se rende compte de ce que cache l’autre côté du «Palais des congrès». Ce n’est plus un secret. Il faut agir et vite. Au risque de voir cette belle salle fermée définitivement. L’argent encaissé pour la location devrait servir à mon sens.